Textile : avec le made in France, Valtex group résiste à la concurrence mondiale

Fierté du territoire. L’entreprise Valtex group, basée à Valsonne, vient d’investir 500 000 € dans du matériel de pointe. Spécialisée dans le textile, la société tire son épingle du jeu, en se concentrant sur un marché de niche: les produits haut de gamme.

Le label Entreprise du patrimoine vivant et deux prix saluant leur savoir-faire et leur esprit d’entreprise, les salariés de Valtex group, une société basée à Valsonne, n’ont pas à rougir de leur travail. Ils imaginent et produisent au quotidien des cylindres destinés à l’impression rotative, font de l’impression numérique sur des fibres naturelles et fabriquent près de 40 000 produits de linge de maison et de décoration par an.

Chiffre d’affaires en 2014 : 4,1 millions d’euros.

Une fierté pour la présidente du groupe, Marie-Pierre Dumaine. En 1999, son père lui a passé le flambeau de l’entreprise créée en 1980. « C’est l’année de l’ouverture mondiale. Tous nos clients sont partis en Chine. J’ai eu la chance de pouvoir investir. C’est à ce prix-là qu’on s’en sort », reconnaît celle qui conçoit elle-même, avec des free-lance, les nouvelles collections des produits de décoration. « On était 130 dans les locaux de 5 000 m². Nous sommes aujourd’hui 34 », poursuit la présidente. Car dès 1999, des plans sociaux ont été effectués dans l’entreprise.

Valtex Group, leader français de la gravure

Habituée à faire le tour du monde pour « se faire connaître, avoir de nouveaux clients et distributeurs », Marie-Pierre Dumaine « participe à des salons à Paris, en Allemagne, à Tokyo, New York ou Singapour. On est capable de répondre aux commandes sur-mesure. Mon équipe et moi-même, on se bat, on fait beaucoup de recherches et de développement. Ils ont beaucoup de polyvalence. La plupart ont été formés ici. On est une entreprise dans un petit village qui croit au made in France. »

« La mère de Marie-Pierre Dumaine était dessinatrice. La présidente du groupe a retrouvé des croquis qu’elle avait réalisés à 16 ans. Ils sont désormais sur des carrés de soie vendus par l’entreprise. »

Presque la clé du succès, qui permet notamment à Valtex group d’être le leader français de la gravure. Avec un seul concurrent aujourd’hui, contre 18 graveurs il y a vingt ans. « J’ai toujours eu la volonté d’investir dans les dernières technologies. C’est important d’être au top, d’améliorer la qualité, les délais. » Alors Marie-Pierre Dumaine vient de mettre 500 000 € sur la table, pour booster sa croissance. Cela passe par l’achat d’une deuxième machine qui permet de graver avec une ultraprécision (photo ci-contre). La salle est plongée dans une lumière infrarouge, pour permettre aux instruments de fonctionner. « Je suis la seule au monde à avoir fait cet investissement. » L’atelier de gravure a également été rénové au mois d’août, pendant les trois semaines annuelles de fermeture. « On fait les finitions depuis la rentrée. »

Devenir le leader européen

De quoi atteindre l’ambition ultime du groupe : « être le leader européen de la gravure. Je crois encore en ce métier. Même si la technologie de l’impression numérique arrive en grande quantité, les cylindres sont complémentaires. »

Des cylindres vendus aux entreprises « dans un rayon de 700-800 km. C’est un produit extrêmement fragile », difficile à transporter. Et puis « l’Espagne et le Portugal produisent à des tarifs très faibles. » Difficile de s’implanter dans la péninsule ibérique ou en Italie, sur la partie gravure.

Mais pour l’ensemble de ses activités, Valtex group réalise 25 % de son chiffre d’affaires en Europe. Et préfère « ne pas travailler avec la grande distribution », mais jouer la carte de la qualité auprès de grandes marques. Le made in France, c’est aussi « un prix élevé de production et un prix de vente important. »

Article publié le 30/10/2015.
Écrit par Jérôme Morin Le Progres